Minimiser la distribution des sacs plastiques de caisse: quels enjeux pour la Suisse ?

CALVANI Morgane, LAMBIEL Audrey, PANETTI Géraldine, RYDER Heather, SCHIFFER Basile et WAKLEY Tom

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Introduction

Aujourd’hui, le plastique est présent dans tous les aspects de nos vies : sous forme de bouteilles, d’emballages alimentaires, de mobilier, d’ustensiles, de sacs, et d’autres, polluant différents milieux tout au long de son cycle de vie (1).  En effet, lors de sa production, une quantité importante de pétrole et d’eau est nécessaire, et la gestion de la fin de vie du plastique n’est toujours pas résolu, notamment à cause du problème de son recyclage. Cela est particulièrement vrai pour les sacs et emballages plastiques qui sont produits et distribués largement aux caisses de nos supermarchés, puis jetés directement après une utilisation unique. Lorsqu’ils sont abandonnés dans la nature, ces sachets mettent 100 à 450 ans pour se  dégrader (2).  Cette pollution plastique touche principalement les plages, bords de lacs et rivières entraînant des problèmes d’ordre écologique, économique et de santé publique.

Au début des années 60 le sac plastique fait son apparition,  inventé par l’ingénieur suédois Sten Gustaf Thulin suite à la soudure et au découpage d’un tube en plastique (3). L’objet, révolutionnaire pour son époque puisqu’il est capable de porter jusqu’à 2000 fois son poids, est souvent distribué gratuitement car il est facile à produire. Ces avantages certains séduisent les consommateurs qui en font un objet de leur quotidien (4). Le composant principal de ces sacs de courses est le polyéthylène (5), un polymère d’éthylène créé artificiellement à partir du raffinage du pétrole brut (6). Les trois types de polyéthylènes utilisés pour faire les sacs plastiques sont « high density polyethylene »,  « low density polyethylene » et « linear low density polyethylene ».

Au milieu du 20ème siècle, une science en pleine expansion suite à de forts problèmes de pollution dans les milieux naturels, nommée l’écologie, cible le plastique comme premier choix pour la réduction de la pollution (7). Effectivement, le plastique a plusieurs effets néfastes pour la planète: il impacte négativement le paysage en engendrant des coûts de gestion des déchets et diminuant les revenus du tourisme; la pêche et l’agriculture sont touchées en raison de la pollution des eaux et des sols (8) et certaines études prouvent qu’il peut être dangereux pour les animaux et pour l’homme (9) (10).

Un des exemples les plus frappant de l’ampleur de ce phénomène est le nouveau continent de plastique dans l’océan Pacifique qui atteint aujourd’hui 3.5 millions de km2. D’après un reportage de TV5 monde (11), 80% du plastique qui le compose provient de déchets amenés par les fleuves depuis les zones urbaines. Cette pollution des eaux pose de nombreux problèmes écologiques, en menaçant dangereusement les animaux marins mais aussi les écosystèmes. L’accumulation de ces plastiques et micro plastiques ont un effet destructeur sur les récifs coralliens et la biomasse planctonique, qui ont un rôle essentiel dans la fixation du CO2 atmosphérique. Par conséquent la pollution plastique est en partie responsable du réchauffement climatique, en empêchant la capture de ce gaz à effet de serre.

La problématique des sacs plastiques, de leur distribution aux caisses à leur recyclage ou leur élimination, a fait réagir différents acteurs en Suisse. Cette distribution gratuite a interpellé le politicien du Parti Démocrate Chrétien (PDC),  Dominique De Buman. Il explique que 3’000 tonnes de plastiques par année sont utilisées pour le transport et l’emballage des produits alimentaires (12). L’éventualité d’une interdiction légale proposée par ce politicien a créé une controverse qui implique autant la sphère politique que les associations de consommateurs, mais aussi les distributeurs principaux tels que Coop ou Migros et certaines entreprises privées proposant des alternatives à ces sacs telle que BioApply. Ces acteurs permettent une analyse de la controverse selon différents éclairages.

L’interdiction du sac plastique : une mesure qui fait débat dans la sphère politique

En Suisse, les lois visant à réduire la distribution des sacs plastiques de caisse sont quasiment inexistantes. Par exemple à Genève, la loi L1 20 LGD mentionne seulement des règles pour le tri et l’élimination des déchets mais ne préconise aucune régulation concernant leur distribution.  D’un point de vue politique, le parti “Les Verts” ne se prononce pas particulièrement sur ce sujet. Le politicien Fribourgeois D. De Buman, membre du PDC, place quant à lui le débat sur le devant de la scène. Pour lui, la question des sacs plastiques, et notamment la pollution qu’ils entraînent, est importante. En effet, il explique que ces sacs présentent un trop fort coût énergétique lors de leur production pour un temps d’utilisation très court (13). Il dépose à ce propos deux motions, une en 2008 (12) et une en 2010 (14), visant à interdire la distribution des sacs plastiques de caisse en Suisse. Selon lui, la Suisse devrait agir de concert avec les autres pays qui se mobilisent à ce sujet. Il met en avant le fait que la Chine a déjà interdit la distribution de sacs plastiques, et que l’Australie le fera sous peu. Au niveau de l’Union Européenne, il y a également la mise en place de mesures légales relatives à la distribution des sacs plastiques. Par exemple, en 2002, l’Irlande est l’un des premier pays membre de l’Union Européenne qui choisit de diminuer la consommation de sacs plastiques par la population (15). Elle impose une taxe de 15 centimes par sac afin de dissuader leur utilisation et ainsi privilégier des alternatives comme les sacs réutilisables. Cette action a rapporté approximativement 10 millions d’euros dès la première année de sa mise en vigueur et diminué l’utilisation des sacs de 90%. En cas de non-respect de la loi, les commerçants sont susceptibles de recevoir des amendes pouvant aller jusqu’à 1’900€ et même des peines d’emprisonnement de 1 an, voir 10 en cas de récidive.

Pour revenir sur le cas Suisse, une pétition déposée en 2017 auprès du Grand Conseil (13) rejoint les idées de D. De Buman et souligne le fait qu’une interdiction « des sacs plastiques à usage unique à Genève mettrait le canton non seulement au même niveau que plusieurs des pays voisins, mais également en tête de la lutte contre la pollution plastique en Suisse ». En effet, la Suisse ne fait pas partie de l’Union Européenne mais collabore tout de même avec ses voisins européens à propos de questions d’importance écologique, notamment lors de la conférence de Paris sur le climat (COP21) (65). Dominique De Buman ajoute même que la Suisse se doit d’être un exemple pour les autres pays en matière de recyclage et de réduction des déchets (14), puisqu’elle l’a toujours été auparavant.

Le Conseil Fédéral Suisse voit cependant l’interdiction proposée par les motions comme une mesure qui ne serait au final pas réellement utile, voir même disproportionnée, comme on peut le lire dans la réponse faite par le Conseil Fédéral (12) (14). En effet, le Conseil Fédéral présente la Suisse comme un pays dont le système de gestion des déchets est efficace, ce qui selon lui le dispense de mettre en place des mesures plus restrictives : la Suisse doit plutôt sensibiliser les consommateurs ainsi que les grandes surfaces qui distribuent les sacs à adopter des comportements plus respectueux de l’environnement. Dans la réponse du Conseil Fédéral aux motions de D. De Buman, il est d’ailleurs expliqué que ce sont les pays en voie de développement qui doivent en priorité se pencher sur ce problème et agir sur la distribution et la gestion du plastique puisque ce sont eux qui sont principalement touchés par le problème de l’accumulation de déchets et la perte de ressources. Pourtant, le politicien explique lors d’une discussion avec l’une des membres de la Fédération Romande des Consommateurs à propos des sacs plastiques de caisse (13)  qu’ « il n’y a aucune réelle valorisation de leur matière première, puisqu’ils sont jetés et brûlés, puis finissent leur vie uniquement sous forme de chaleur; on ne peut pas parler de recyclage proprement dit».

La solution qui a été mise en place pour le moment est un accord de branche (16). Cet accord conclu entre les entreprises du secteurs de la grande distribution a pour but de compléter la loi (17) : les sacs de caisse ne sont désormais plus distribués gratuitement dans les grandes enseignes comme la Coop ou la Migros. Il est stipulé dans cet accord de branche que les objectifs de celui-ci sont les mêmes que ceux des deux motions de D. De Buman : réduire l’utilisation des sacs plastiques à usage unique. Cette mesure permet une régulation de la distribution des sacs plastiques tout en évitant une interdiction totale de ceux-ci. L’accord a pris effet depuis le début de l’année 2018, soit 10 ans après que la première motion du politicien PDC ait été déposée.

Une accoutumance à l’utilisation qui tend à changer

Entre 1950 et 2012, la production de plastique est passée de 1,7 millions de tonnes à 288 millions (18),  étant l’une des matières les plus utilisée au monde. L’engouement pour cette matière plutôt qu’une autre peut s’expliquer par certains critères de qualité, comme son poids, sa solidité, sa durée de vie et son faible coût (19). Ces nombreux avantages font des sacs plastiques un véritable “symbole de notre société de consommation polluante”, comme exposé sur le site internet d’Entreprise Environnement, une société qui se donne pour rôle d’informer à propos des tendances écologiques des entreprises (20). Cette accoutumance et cette banalisation des sacs plastiques provoquent une certaine dérive de leur utilisation. En effet le sac plastique était conçu initialement pour avoir une longue durée de vie, puisque formé de matériaux résistants. Toutefois celle-ci est de statistiquement 20 minutes (21), temps au-delà duquel ils sont jetés ou laissés de côté. Les matières fossiles se faisant de plus en plus rares, la tendance est à l’épargne de ces dernières. Les sacs plastique représentent 4 à 8% de la consommation annuelle de pétrole, contre 70% pour la mobilité (22). Malgré sa faible proportion, les sacs plastiques restent une cible abordable pour une diminution de la consommation. Selon le portail de l’économie de la république Française (23), les sacs plastiques distribués à usage unique sont le point d’attaque le plus rentable pour une amélioration du bilan écologique global.

La sensibilisation de la population est une solution intéressante pour la réduction de la consommation, une certaine prise de conscience de la part de la population permet un changement de comportement de celle-ci face aux questions écologiques que la consommation de sacs plastiques implique. Selon les pays, la sensibilisation peut se faire par plusieurs moyens. Par exemple, des campagnes citoyennes sont lancées par des organisations à but non lucratif aux États-Unis (24) ou par des blogs de consommateurs en Suisse (25). De manière générale, chaque pays a donc libre choix de sélectionner la tactique lui semblant la plus efficiente pour gérer sa diminution de consommation de sacs plastique distribués en caisse: l’Irlande (15) a mis en place des mesures telles que des peines de prisons en cas de récidive de distribution, l’Espagne choisit elle de taxer jusqu’à 30 cts par sac (26). En ce qui concerne la Suisse, malgré le fait qu’aucune mesure obligatoire ne soit prise, les entreprises majeures en terme de distribution alimentaire que sont Coop et Migros (27) ont accepté l’accord de branche résultant du refus des motions de De Buman. Pour répondre aux attentes écologiques des consommateurs, chacune des deux entreprises présentent un programme d’actions s’inscrivant dans le cadre du développement durable, comme le témoignent les sites internet respectifs de chacune des deux entreprises (28) (29).

La taxe de 5 centimes ajoutée à une campagne de sensibilisation omniprésente, comme le montre cette édition de l’émission “à bon entendeur” (30) a permis un véritable changement dans le comportement des suisses vis-à-vis des sacs plastiques, comme cela est présenté dans le reportage réalisé dans un second temps par la RTS (31). Statistiquement, on mesure une baisse de 84% de consommation en 1 an. Le politicien Dominique De Buman dit être satisfait de l’évolution de la mentalité du peuple suisse dans ce même reportage. C’est donc en douceur que la transition s’est faite dans l’état d’esprit des suisses qui ont su rendre le sac plastique non-essentiel. L’objectif fixé par l’accord de branche, à savoir diminuer de 70 à 80% la distribution des sacs plastiques de caisse avant 2025 (13), semble être atteint sans nécessité d’une interdiction légale.

Les effets néfastes sur l’environnement

Si une réduction de la consommation des sac plastiques a été possible en Suisse sans une interdiction formelle par la Confédération, c’est parce que la population est particulièrement sensibilisée aux impacts environnementaux du plastique, à travers la médiatisation de cet aspect de la problématique .

Les sacs plastiques de caisse jetables sont principalement critiqués sur leur mauvais éco-bilan : la production d’un sac en plastique nécessite des ressources fossiles limitées et précieuses mais aussi de grandes quantités d’eau (12). De plus, la production de polyéthylène est un processus qui relâche du dioxyde de carbone, un des contribuants majeurs du changement climatique.

L’écobilan est un moyen de juger si un produit est bon ou mauvais pour l’environnement. Il prend en compte la consommation d’énergie, l’utilisation de matière première, et les substances relâchées dans l’environnement durant tout le cycle de vie du produit (fabrication, transformation, utilisation et élimination du produit) (32). Cependant, la société Ecobilan montre dans un rapport (33) qu’elle a fait pour la société Carrefour à propos des impacts environnementaux de différents types de sacs (papiers, plastiques jetables, plastiques réutilisables et biodégradables) et il s’avère que les sacs jetables “se situent donc plutôt mieux que les sacs papiers et biodégradable sur la plupart des indicateurs, sauf pour le risque par abandon qui est la principale faiblesse de ce sac”. Ceci est explicité sur les diagrammes ci-dessous, tirés de l’écobilan (33).

Croquishttp://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/28300_acv_sacs_carrefour_2004.pdf

Cet argument est d’ailleurs avancé par les grandes surfaces comme Coop ou Migros, qui refusent d’utiliser des sacs biodégradables ou biosourcés leur semblant trompeurs (25). De plus, le fait que ces sacs soient produits à base de denrées alimentaires, comme par exemple le maïs, est un autre argument en défaveur de leur utilisation car elles ne souhaitent pas que la production de ces sacs fassent concurrence à la production alimentaire (34). Frederic Mauch est le fondateur et CEO de la société BioApply, une entreprise suisse créée en 2006 et qui propose des sacs compostables/biodégradables. Lors de notre entretien avec lui (61), il ne nie le fait que ces sacs aient un écobilan qui n’est pas parfait.  Cependant, selon lui l’écobilan ne prends pas en compte “la deuxième partie de l’histoire” du sac, lorsqu’on le réutilise. Il affirme ensuite que les aliments utilisés pour la fabrication de ses sacs sont issus de cultures qui ne sont de toute façon pas destinées à la consommation alimentaire.

Après lecture du rapport d’Écobilan (33), les sacs plastiques de caisse posent surtout un problème lorsqu’ils ne sont pas correctement jetés. Une étude réalisée par une équipe de l’EPFL (Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne) a montré que la concentration des particules plastiques dans le lac Léman était relativement élevée, avec 2’300 macroplastiques/km2 et 220’000 microplastiques/km2 (35). Ces résultats sont confirmés par une seconde étude Swiss Litter Report (36), réalisée par le groupe d’intérêt STOPPP (Stop Plastic Pollution), qui révèle que le déchet le plus abondant dans les eaux suisses est le plastique. En effet, certains déchets plastiques ont la capacité de se fragmenter en microparticules. C’est notamment le cas des sacs plastiques dit oxo-dégradables qui, lorsqu’ils sont exposés à des facteurs abiotiques externes (comme la chaleur, les UV, le vent, l’oxygène,…), se fragmentent en microplastiques, des particules dont le diamètre est inférieur à 5 mm (56).

Les effets engendrés par cette pollution de microparticules menacent la faune des lacs. Comme expliqué par des chercheurs de l’EPFL (35), les microplastiques mettent “les écosystèmes à rude épreuve”. En effet, les chercheurs expliquent que cela pose problème par exemple chez les oiseaux et les poissons, qui pourraient avaler ces morceaux de plastiques.  Cela peut causer une obstruction de leur voies respiratoires ou digestives. De plus certains déchets plastiques contiennent des composés toxiques pour les animaux, comme le Bisphénol A ou des phtalates, qui sont des perturbateurs endocriniens, affectant l’immunité des animaux et de leur descendance (57).

Au delà de l’impact sur la faune, les terres cultivables suisses sont également polluées par les microplastiques. Une étude menée par des chercheurs allemands montre que des particules de microplastiques se retrouvent en trop grande quantité à la sortie des stations de compostage. Edi Blatter, directeur de SATOM qui est une usine de méthanisation et de compostage, s’exprime à ce propos dans une interview réalisée par la RTS en 2018 (8). Selon lui, le compost ne doit pas avoir plus d’un dixième de pour mille de plastique pour être dans les normes. Or, les stations retrouvent de plus en plus de plastique dans le composte. En effet, E. Blatter explique qu’à cause des taxes imposées sur les déchets, les gens cherchent à se débarrasser de leur détritus d’une autre façon. Les points de récolte des déchets verts n’étant pas forcément surveillés, il arrive que les déchets ménagers y soient déversés et viennent contaminer le compost. Il existe des sacs compostables qui peuvent, eux, y être placés  sans poser de problème, mais ce n’est pas le cas de certains sacs dits biodégradables. En effet,  lorsque ces sacs sont jetés dans les déchets verts par des citoyens Suisses mal informés à propos de leur utilisation, ils se fragmentent en microplastiques qui ne peuvent plus être retirés lors du traitement du compost. Ceux-ci sont en fait trop petits pour pouvoir être détectés et traités correctement. Ce compost est ensuite vendu aux agriculteurs qui l’utilisent dans leur champs, où le plastique s’y accumule et pollue les sols.

L’influence des enjeux économiques

Comme discuté précédemment, la surconsommation de sacs plastique est néfaste du point de vue écologique, cependant des enjeux économiques sont aussi influents pour le maintien de sa production et vente par les grands distributeurs suisses. D’autre part, la diminution de leur utilisation par les consommateurs laisse une place au développement de sacs alternatifs, ce qui crée ainsi un nouveau marché.

Dans l’interview que nous avons réalisé avec Frédéric Mauch, fondateur de BioApply, ce dernier explique que ses premiers projets consistaient à produire et vendre des articles de prêt-à-porter : ceux-ci étaient faits à partir de matière fossile, jetés après une utilisation relativement courte et nécessitant une logistique lourde car étaient importés depuis la Chine (61). Il a alors réalisé son envie de faire les choses de manière respectueuse de l’environnement et en utilisant des matières renouvelables. Son idée initiale a été de produire des tongues en plastique biodégradables, mais même après avoir breveté l’idée et une collaboration avec la marque Havaianas, le produit ne s’est pas bien vendu. C’est à ce moment qu’il pense aux sacs biodégradables car comme il l’explique la technologie existe déjà et à ses yeux la problématique de la pollution plastique touche beaucoup les gens. C’est pour cela qu’il voit une occasion de lancer un produit qui aura du succès et avance clairement un argument économique à cette démarche. Au départ la fabrication de sacs était, selon ses mots, “un side business pour rapporter du cash” et pouvoir poursuivre ses autres projets, mais au final c’est devenu leur activité principale et Bio Apply a aujourd’hui le monopole du marché des sacs écologiques en Suisse.

Frédéric Mauch raconte également (61) qu’il était en faveur de la motion pour l’interdiction des sacs plastiques de Dominique De Buman et que même son entreprise s’est mobilisée pour soutenir cette motion, notamment en créant leur propre groupe d’intérêt STOPPP (“stop plastic pollution switzerland”). Ce groupe, en plus d’être politiquement impliqué pour la réduction de la consommation du plastique, soutient la recherche scientifique dans ce domaine (situation actuelle, alternatives) et sensibilise la communauté en proposant des solutions pratiques pour réduire les déchets plastiques (36).  Frédéric Mauch explique que la motion aurait dû être mise en application car elle avait été validée par les deux chambres fédérales, mais cela n’a pas été le cas à cause de lobby puissants tels que Coop et Migros. Durant leur lutte pour faire passer cette interdiction, il rapporte avoir subi des pressions de la part de ces mêmes lobbys comme des menaces de procès. Selon lui, “ils ont gagné, ils ont réussi à faire dérailler cette motion”. Pour “calmer l’histoire” (61) et faire acte de compromis, les grands distributeurs ont conclu à un accord de branche, avec la mise en place d’une taxe sur les sacs plastiques distribués en caisse (16). Coop et Migros font donc attention à leur image, mais ne perdent pas de vue leur intérêt économique. Selon Frédéric Mauch, une taxe de 5 centimes n’est pas assez élevée en comparaison du pouvoir d’achat des citoyens suisses et même s’il admet que les volumes des sacs vendus ont baissés, il regrette qu’on ne soit pas allé plus loin et pense personnellement que ces sacs plastiques sont destinés à disparaître. Étant en faveur de l’interdiction des sacs plastiques de caisse, trop polluant à son sens, F. Mauch avance ici un argument écologique semblant lui tenir à cœur.  Cependant on peut également souligner que la disparition des sacs plastiques faits de matière fossile laisserait une place de marché encore plus importante aux alternatives écologiques, comme les produits proposés par BioApply. Il rappelle que leur stratégie a été de créer le groupe STOPPP afin de rester crédible en séparant le côté politique du côté économique. Ainsi ils ont pu lutter dans l’affaire De Buman pour leurs idées écologiques (via STOPPP), tout en continuant de faire du business avec les plus grands distributeurs suisses. De ce fait, les sacs compostables et biodégradables de BioApply sont proposés à la vente par Migros, qui « ironiquement » est un de leur plus gros client malgré leur désaccord au niveau politique (61) .

Un impact sur la santé toujours incertain

Les études sur l’impact des microplastiques sur la santé apparaissent seulement depuis les années 2000 (37). Sur le site du National Center for Biotechnology Information (NCBI),(38), on peut lire à propos des micro et nanoparticules dans un rapport datant de 2006, que la communauté scientifique ne connaît pas à ce moment les effets réels de ceux-ci sur la santé. Ils préconisent alors d’être prudent face à leur utilisation. En 2017 une étude du Center for Environnement and Health du King’s College London rapporte que les effets du plastique sur la santé sont toujours inconnus (63). Ils pensent que les microplastiques  peuvent avoir un impact sur la santé humaine, mais qu’il est nécessaire de réaliser plus de recherches pour comprendre les mécanismes de leur toxicité potentielle. Les composants du plastiques les plus étudiés et dont les conséquences sur la santé sont avérées sont les phtalates et le bisphénol A: selon la revue Médecine/Sciences, ces deux substances sont des perturbateurs endocriniens qui influencent la croissance, le développement de l’enfant, mais aussi provoquent des problèmes de fertilité que ce soit chez l’homme ou la femme (40). Ces propos sont soutenus par les résultats d’une étude rapportée par un panel d’expert du NTP-CERHR travaillant sur l’influence du bisphénol A sur le développement et la reproduction (41). La Confédération Suisse (59) interdit d’ailleurs l’utilisation de ces substances pour l’emballage des denrées alimentaires afin d’éviter tout problème. Les sacs plastiques distribués en caisse ne contiennent donc pas de phtalates ni de bisphénol A, mais principalement du polyéthylène (PE).

Ce même composé est retrouvé dans les océans sous forme de microplastiques. En effet il est expliqué dans une analyse publiée en 2010 dans « Marine Pollution Bulletin » (39) que le plastique retrouvé dans les océans contient du HDPE (high density polyethylene), du LDPE (low density polyethylene) et du PP (polypropylène) qui sont dérivés du PE.  Dès lors, la question de l’impact sanitaire des composants du sac plastique se pose car ceux-ci pourraient se retrouver indirectement dans les produits consommés par l’Homme. Les microplastiques issus de la dégradation des sacs plastiques touchent principalement la faune marine et d’après une seconde étude du “Marine Pollution Bulletin” (44), les poissons ingèrent ces microplastiques. Outres les risques d’occlusion intestinale, ces particules provoquent une sensation de satiété, ce qui fait que les poissons se détournent de leur chaîne alimentaire de base, engendrant ainsi chez eux des problèmes de santé (39). Comme expliqué dans le livre “Marine Anthropogenic Litter” (55), l’ingestion par l’Homme d’un poisson intoxiqué ne devrait pas poser problème d’un point de vue de la santé humaine car l’intestin du poisson n’est généralement pas ingéré. Pourtant si on considère que les produits toxiques peuvent migrer dans les autres tissus du corps du poisson, alors cela pourrait avoir un impact chez l’Homme. Cependant, cela ne reste qu’une hypothèse, il n’y a pas encore d’étude qui ait été réalisée et qui confirme ces propos.

Pour résumé, l’effet du bisphénol A sur la santé humaine inquiète les scientifiques et c’est de cela dont on entend le plus parler. A contrario plusieurs études semblent montrer que les dérivés du PE,  les composants principaux des sacs plastiques de caisse, n’auraient apparemment pas d’effets graves sur la santé (42) (43). Il faudrait même privilégier les contenants en plastique qui en sont composés, en particulier lorsqu’il y a un contact avec la nourriture. Le tableau suivant montre les différents sigles imposés sur les matières plastiques et donne pour chaque type des informations quant à ses utilisations et son niveau de sureté vis à vis de la santé humaine.

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http://www.natura-sciences.com/sante/plastiques-toxicite-sante787.html

Des alternatives aux sacs plastiques

Actuellement, le seul plastique recyclé en Suisse est le polyéthylène téréphtalate (PET). Les autres types de plastiques ont un coût de recyclage trop élevé et en conséquence la majorité des déchets plastiques sont incinérés. Selon l’Office Fédéral de l’Environnement (60), dans son dossier sur l’élimination des déchets, il est expliqué que « selon la teneur en biomasse des déchets, l’énergie provenant de leur incinération (valorisation thermique) est classée comme renouvelable ». En effet, elle est considérée comme renouvelable car elle est ré-utilisée pour contribuer à 2% des besoins énergétiques (électriques et calorifiques). Malgré cette valorisation, la formation de CO2 est inévitable et “ces émissions représentent  5% de l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre produites en Suisse”.

Suite à ces constats, on voit alors émerger des alternatives à vocation plus écologique et rentable. Celles-ci se concentrent soit sur le développement de nouveaux sac en matériaux biosourcés, soit sur la gestion de la fin de vie du sac (dégradation sans incinération), ou bien encore la promotion des changements d’habitude en proposant des solutions pour que le consommateur puisse se passer du plastique.

Les sacs en plastique oxo-biodégradable sont considérés comme une alternative aux sacs traditionnels. Ces plastiques sont aussi faits de polymères d’éthylène, mais la nouveauté consiste à ajouter des sels. Ceux-ci permettent de catalyser la dégradation naturelle du plastique en présence d’oxygène (50) beaucoup plus rapidement: cela réduit la durée de leur cycle de vie mais s’ils sont abandonnés dans la nature les microparticules relâchées sont tout de mêmes polluantes. On constate également que la production de « bioplastiques » est de plus en plus courante. Pour la fabrication de leurs sacs, la société BioApply utilise des matières premières issues de végétaux tels que le bois, l’amidon de maïs, le blé ou la pomme de terre, pour produire des sacs biodégradables ou même compostables. Comme expliqué sur leur site, « la biodégradabilité d’un produit est la qualité de décomposition totale et l’assimilation dans la nature moyennant des micro-organismes (bactéries, fongus, algues) sans produire de substances toxiques. » (48). Leurs sacs correspondent aux critères du bioplastique, à savoir être un produit renouvelable et issu du monde végétal (49).

D’autres alternatives pour améliorer le recyclage du plastique ont aussi été découvertes. Une étude faite à l’Université de Kyoto montre qu’un champignon Penicillium simplicissimum est capable de croître sur n-alkane, qui est un analogue du polyéthylène (51). Le PE doit subir une dégradation abiotique telle qu’une irradiation aux UV afin de former des groupes carbonyles qui peuvent alors être dégradés par le champignon. Une autre étude faite avec des chenilles du papillon de nuit Galleria mellonella, montre que ces chenilles sont capables de manger le polyéthylène (52). Elles ont été mises en contact direct avec un film de polyéthylène et après 40 minutes des trous dans ce film ont commencé à apparaître. Le mécanisme exact qui permet à ces chenilles de dégrader les liaisons de PE n’est pas encore bien connu. Les chercheurs ont établi un lien avec l’écosystème naturel de l’animal. En effet, une liaison carbonée (CH2-CH2) est retrouvée à la fois dans le polyéthylène et dans la cire d’abeille, dont ces chenilles se nourrissent à l’état larvaire.

Depuis quelques années on voit apparaître un mouvement social prônant le “zéro-déchet”, consistant à limiter au maximum l’utilisation du plastique dans la vie de tous les jours. En Suisse et même à Genève, des épiceries proposent de vendre leurs produits en vrac, à leurs clients vennant avec leurs propres bocaux ou boîtes. Ce concept est repris par exemple par la chaîne de magasin “Chez mamie”, présente dans neuf villes de Suisse (64).

 

Conclusion

Après une analyse de ces différents aspects de la controverse, le devenir du sac plastique à usage unique semble assez défini. Avec une diminution de son utilisation  de 84% en un an (31), le peuple suisse s’est détaché de leur utilisation. Cette diminution laisse espérer une utilisation plus faible dans les prochaines années. Selon le politicien Dominique de Buman, l’efficacité dissuasive de la taxe rend l’interdiction générale désuète. Cela s’explique selon lui grâce à la “maturité du peuple Suisse” face à l’enjeu écologique (31).

Dans l’union européenne, l’acheminement vers cette diminution se manifeste par différents moyens : accords dans le domaine de la distribution , interdiction totale comme en France ou en Italie, ou alors, à l’exemple de l’Irlande, une taxe imposée sur les sacs (53). A l’échelle  mondiale, des solutions alternatives apparaissent constamment, comme par exemple le développement de sac plastiques  biodégradables comestibles (54) conditionnés en Indonésie. Cette alternative écologique illustre bien la compréhension des enjeux liés à cette pollution, et la volonté d’apporter des solutions par la majorité des pays.

Plusieurs éléments de la controverse ont évolués pendant que nous traitions cette dernière, notamment les chiffres concernant la diminution des sacs plastiques en Suisse. En effet, ceux-ci ont été publiés en avril 2018, donc après le début de nos recherches (31). L’évolution récente et rapide de la controverse prouve que la problématique du plastique reste un sujet d’actualité. La baisse de leur distribution en caisse et les alternatives proposées à ceux-ci sont l’un des objectifs écologiques ayant évolué de manière significative ces dernières années. Les médias à ce propos sont nombreux et utilisent donc le cas des sacs plastiques comme figure de proue d’un avenir plus écologique.

De Buman souhaitait, à travers ses motions, voir la Suisse se positionner comme un “exemple” pour les pays du reste du monde en matière de recyclage (12). Des résultats très encourageants ont été obtenus ces dernières années en Suisse, et on peut espérer, pour le futur, une réduction massive de la distribution des sacs plastiques au niveau mondial également. Cependant, le défi écologique actuel se concentre sur le nettoyage des déchets plastiques accumulés pendant ces années de sur-consommation.


Bibliographie

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9 thoughts on “Minimiser la distribution des sacs plastiques de caisse: quels enjeux pour la Suisse ?”

  1. Sujet très intéressant et le texte est très clair avec les différents acteurs et les enjeux 🙂 Parallèlement à votre controverse, un article tout récent mentionnait le fait qu’ils ont découvert des enzymes qui seraient capables de dégrader le plastique et peut-être envisager des solutions futures.

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  2. Je rejoins un peu ce qui a été dit, le texte est clair, bien structuré et donne envie d’être lu.

    Je souligne aussi que vous ayez pensé à un moment de citer le civisme suisse ainsi que la bonne connaissance des suisses sur les problèmes environnementaux, notamment causés par les sacs plastiques. Les mesures adoptées par la Coop et la Migros n’auraient probablement pas pu être mises en place ailleurs.

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  3. J’ai beaucoup apprecié l’article. Il est fluide et bien structuré. Recemment, des scientifiques ont trouvé des vers capable de decomposé le polyethylene.

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  4. Je ne savais pas que la Suisse faisait partie du G8, est-ce que vous pourriez préciser de quel G8 vous parlez?

    De plus, je n’arrive pas à distinguer les principaux antagonistes de votre problématique, notamment les gens contre. Est-ce que les personnes contre l’interdiction des sacs plastiques le sont par paresse, par manque d’alternatif ou sont des néo-libéraux haïssant les interdictions quoi qu’elles fussent et préférant laisser faire la loi sacré du marché libre de toutes contraintes? Enfin, comme vous le dites en conclusion, le peuple a l’air d’avoir fait son choix, mais ne serait-ce pas un argument supplémentaire pour les représentants de ce peuple à légiférer?

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    1. Nous avons fait une erreur concernant le G8, celle-ci vient d’une confusion lors de notre lecture des motions de D. De Buman. En effet dans ce dernier cite la participation de la Chine au G8 et l’implication de la Suisse dans les décisions liées à l’écologie. Néanmoins, l’idée que nous souhaitions mettre en avant est toujours valable puisque la Suisse participe effectivement à des décisions internationales au sujet de l’environnement, notamment lors de la COP21. Nous vous remercions d’avoir relevé cette erreur qui avait été passée sous silence malgré plusieurs relectures.

      Les personnes qui sont contre l’interdiction des sacs plastiques sont entre autres la confédération qui, comme expliqué dans notre texte, ne voit pas la nécessité d’une interdiction totale des sacs. De plus, d’autres acteurs, comme la Coop ou bien la Migros, ont des intérêts économiques (et aussi pratiques vis à vis de leur clientèle) à ce que le sac plastique subsiste.
      Libre à vous de supposer que des personnes non en faveur de cette interdiction puissent l’être par paresse ou bien par haine des interdictions.

      Nous avons du mal à saisir votre raisonnement quant au point que vous avancez à la fin de votre commentaire: si justement le peuple est capable de réduire l’utilisation de ces sacs sans qu’on ne l’y force, pourquoi alors faire passer une loi ?

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  5. Je vous remercie d’avoir répondu à mon commentaire.
    Par ma réflexion à la fin de mon commentaire précédent, j’entendais que du fait de la forte diminution de l’utilisation des sacs plastiques par les citoyens de Suisse, ceux-ci exprimaient par leur comportement un désir de changement de mode de consommation et que de fait leurs représentants devraient prendre en compte ce désir de changement et ouvrir un débat législatif sur le sujet. A mon sens, les désavantages qu’apportent les sacs plastiques en terme de pollution qui impacte directement la biodiversité surpasse largement tout avantage économique que l’ont pourrait en retirer. Ce que je constate cependant, c’est que notre société anthropocentrée semble avoir du mal à prendre en compte le bien-être global de tous les être vivants et ne semble se préoccuper que d’une croissance societale strictement humaine, de petits profits économique à court terme bénéficiants à une minorité, et préfère être complaisante aux grands acteurs économiques que de participer à préserver la nature qu’elle n’a de cesse d’exploiter.

    Mais bon travail sinon, une vraie controverse actuelle.

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